Attractivité des métiers de l’autonomie : pour une nouvelle stratégie de réduction des risques professionnels

Publié le | Temps de lecture : 2 minutes

Nadiège Baille, Sarah Bartoli, Lucile Olier (Igas)


Dernier volet des trois missions sur l’attractivité des métiers du médico-social, le rapport de l’Igas examine la qualité de vie et les conditions de travail (QVTC) dans le champ de l’autonomie, qui regroupe le grand âge et le handicap. Il s’agit de l’un des secteurs les plus exposés aux accidents du travail en France.

Les professionnels du secteur y sont exposés à des risques quotidiens, principalement les manutentions manuelles et les agressions. On constate ainsi un nombre d’accidents du travail 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale et 1,7 fois supérieur au secteur du BTP. 

Les accidents les plus graves se concentrent notamment dans les services à domicile, de soins et d’aide, les Ehpad et accueils de jour, les maisons d’accueil spécialisées, les foyers et les établissements d’accueil médicalisés.

Cette sinistralité représente un coût estimé à 20 000 équivalents temps plein en 2023, soit près de 0,9 Md€. Elle se traduit également par des départs prématurés pour inaptitude, contribuant à un turn-over du personnel. 

Des initiatives existantes mais des effets limités

Depuis 2018, plusieurs initiatives ont été lancées pour améliorer la QVTC (instruction QVCT, Plan El Khomri, concours de la CNSA sur l’attractivité des métiers, Ségur de l’investissement), mais leur impact demeure limité. Le secteur reste morcelé dans sa structuration professionnelle et souffre d’une culture de la prévention faible. Malgré l’implication de la branche AT-MP, la tarification des risques, dérogatoire du droit commun, n’incite pas suffisamment les employeurs à agir.

Les comparaisons internationale (avec le Québec) ou sectorielle (avec le BTP) démontrent qu’une franche réduction de la sinistralité est atteignable. 

Trois leviers principaux sont à activer : une structuration paritaire plus forte, des équipements à la hauteur des besoins, ainsi qu’une transformation managériale et organisationnelle. 

Une stratégie claire : éliminer les ports de charge pour protéger la santé

La mission propose donc une stratégie claire, centrée sur un objectif affirmé : supprimer les ports de charge délétères pour la santé. Pour y parvenir, elle dessine un plan décennal reposant sur :

  • un investissement massif en matériel (rails plafonniers, aides techniques) ;

  • un renforcement de la formation initiale et continue ;

  • un accompagnement des managers. 

Ce plan s’appuierait sur les outils de financements existants, dont le Fonds pour l’innovation et la prévention de l’usure professionnelle (FIPU), qui doit être davantage orienté vers le médico‑social. 

Les évaluations examinées par la mission indiquent que les premiers retours sur investissement pourraient être observés moins de cinq ans après le lancement de ce plan.

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