Le déploiement de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques : analyse comparée, enjeux et conditions de réussite

Publié le | Temps de lecture : 2 minutes

Pierre Cunéo, François Charlottin,  Arturo Garcia-Gonzalez, Mouad El Issami (IGF), Fabienne Bartoli, Louis-Charles Viossat, Nadège Grataloup (IGAS), Jérôme Letier, Arnaud Mercier (IGA)


Le rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) et de l’inspection générale des affaires sociales (Igas) analyse les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle (IA) peut améliorer durablement les services publics, la qualité du travail des agents et l’efficacité des politiques publiques.

L’IA générative et agentique s’impose comme un levier majeur de transformation de l’action publique, mais ses effets ne seront ni automatiques ni uniformes.

Son adoption dans les administrations françaises est déjà engagée, mais encore récente, hétérogène et souvent peu coordonnée. Le développement du « shadow IA », usage spontané et non régulé d’outils grand public par les agents, révèle une forte appétence, mais expose aussi les administrations à des risques de sécurité, de fiabilité, d’inégalités d’accès et de protection des données. 

L’État et ses opérateurs, les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale, les établissements de santé et France Travail avancent à des rythmes différents, avec des usages allant des assistants généralistes aux outils métiers spécialisés, en passant par les fonctions support.

Le rapport souligne que les gains attendus ne sont pas forcément quantitatifs mais doivent être appréciés plus largement : réduction des délais, amélioration de la qualité de service, diminution des erreurs, simplification du travail administratif, meilleure relation avec les usagers et amélioration de la qualité de vie au travail. 

Dans la sphère sociale, France Travail, les organismes de sécurité sociale et certains établissements de santé illustrent, à travers de nombreux cas d’usage qui sont présentés, le potentiel de l’IA pour faciliter l’instruction des dossiers, l’accès à l’information, la lutte contre la fraude, la gestion documentaire ou l’accompagnement des usagers.

Faire de l’IA une capacité collective d’amélioration du service public

Mais le passage à l’échelle suppose de partir du travail réel des agents. Le rapport insiste sur la nécessité d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences intégrant l’IA, d’une politique de formation structurée pour tous les agents, les managers et les spécialistes, ainsi que d’un véritable dialogue social technologique. Celui-ci doit permettre d’associer les agents et leurs représentants aux choix d’usages, à l’évaluation des impacts sur les métiers, à la prévention des risques et à la réallocation des gains.

L’enjeu n’est donc plus seulement d’adopter l’IA, mais d’en faire une capacité collective d’amélioration du service public. L’IA doit être pensée moins comme un objet technique que comme un levier de transformation des organisations, des compétences et des processus, au service des agents, des usagers et de l’efficacité des politiques publiques, portée par l’ensemble des organisations et pas uniquement leurs services numériques

Paramètres d'affichage

Choisissez un thème pour personnaliser l'apparence du site.